09.03.2017

Profs, ils retournent à l’école pour perfectionner leur niveau d’anglais

Une trentaine d’enseignants et personnels de direction et vie scolaire de Saint-Martin et Saint-Barthélemy viennent de commencer une formation en anglais à l’université de St Maarten.

Chantal Vaïti et Mike Guenguelou, respectivement professeur de français et CPE au collège de Quartier d’Orléans sont redevenus élèves ce mercredi 8 mars. Ils participaient à un cours intitulé « English as a second language » à l’Université de Sint Maarten, comme douze autres enseignants et personnels de direction et de vie scolaire de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. La veille, d’autres enseignants, cette fois de Saint-Martin uniquement, ont suivi leur premier cours d’« English for French Teachers ».

Chacun des groupes effectuera trois heures hebdomadaires pendant douze semaines, sur son temps libre et sur la base du volontariat. « Cette première session de formation vise à renforcer la formation en anglais des enseignants qui vont intervenir dans les classes bilingues mais aussi le personnel de direction et de vie scolaire pour créer une dynamique autour de ces classes » explique Michel Sanz, le chef du service de l’éducation des îles du Nord.

Depuis la rentrée 2016-2017, sept classes bilingues (donc cinq à Saint-Martin) ont été créées. Elles seront deux fois plus l’an prochain. « Dans le passé des expériences diverses et variées ont été tentées mais elles n’ont pas abouti car c’est très complexe. Ce n’est pas qu’une histoire de moyens mais aussi de compétences. » analyse-t-il.

Les enseignants qui assurent les cours des classes bilingues ne sont en effet pas les seuls à devoir maîtriser l’anglais. En tant que CPE, Mike Guenguelou est par exemple « tout le temps en contact avec des familles anglophones ». Il a parfois du mal à exprimer ce qu’il voudrait dire avec précision et il est délicat de faire appel à une personne tierce lors de conversations confidentielles. Il espère donc perfectionner son niveau d’anglais grâce à cette formation. C’est également le cas de Chantal Vaïti. Parce que si elle enseigne le français, elle est souvent amenée à se servir de l’anglais ( ainsi que de l'espagnol ou du créole) pour faciliter la compréhension des élèves.

Cette formation entre dans le cadre de la convention signée entre l’Education nationale et l’Observatoire de Saint-Martin. Elle est ainsi financée à la fois par des fonds privés et le FSE. « Il s’agit d’une phase expérimentale pour montrer que c’était possible » avance Louis Jeffry, le président de l’association. Selon lui, cette formation permet aux professeurs de mieux appréhender la complexité linguistique et culturelle de l’île mais elle sert aussi de modèle et prouve qu’il est possible de travailler avec l’université de St Maarten. Pour Geneve Phillip Durham, la CPE de l’université, cette formation est « un exemple de coopération transfrontalière autour de l’éducation ».

Fanny Fontan