25.03.2019

Un an de prison ferme pour agression sexuelle sur mineure et exhibitionnisme

L.R a été condamné pour avoir commis des gestes déplacés sur une mineure et s’être masturbé devant la mère de celle-ci à Saint-Barthélemy.

Le tribunal correctionnel de Saint-Martin examinait jeudi 21 mars plusieurs affaires d’agressions sexuelles sur mineurs parmi lesquelles celle de L.R, 47 ans, né en Maine et Loire.

Il lui était reproché deux séries de faits commis à Saint-Barthélemy. Tout d’abord d’avoir commis le 24 décembre 2015 des attouchements sexuels sur E.M, âgée de 12 ans au moment des faits. L.R et sa compagne, l’enseignante de E.M, sont vraisemblablement amis avec A.N, la maman d’E.M.

Comme le raconte la jeune fille lors de son audition par les gendarmes, L.R et elle sortent ce jour-là acheter des boissons. « Sur le chemin du retour, il n’y avait plus de lumière dans l’escalier. Il a fait comme s’il me faisait des guilis sur le ventre mais me touchait en dessous, par dessus ma robe. J’ai été très choquée mais je ne l’ai pas dit à ma mère » confie-t-elle. Un peu plus tard, alors qu’elle est assise sur le canapé et écoute de la musique, il s’assoit à côté d’elle et lui prend un écouteur. Il commence à la toucher mais il est interrompu parce que le téléphone fixe se met à sonner et qu’elle se lève pour répondre. Puis, alors qu’elle est assise à l’arrière de sa voiture, et lui en train de conduire, il passe son bras afin de lui caresser la jambe en remontant vers le haut de la cuisse. Il cesse lorsque sa femme, assise côté passager, lui demande de remettre la main sur le volant.

« Ma cliente fait partie des 580 000 victimes d’agressions sexuelles chaque année en France. 40% d’entre elles ont moins de 15 ans » contextualise l’avocate de la partie civile. Selon le rapport d’une psychologue, E.M est depuis d’humeur dépressive, a des symptômes de stress post traumatique, des troubles de l’attention, et est en décrochage scolaire. Elle considère que les déclarations de la jeune fille sont crédibles. Une crédibilité que met en doute l’avocate de la défense qui cherche justement à ce que le doute profite à son client : « si la psychiatrie était une science exacte on le saurait ». Pour elle les éléments à charge sont « subjectifs ».

Ex résidant de Saint-Barthélemy, L.R, reparti en métropole avec sa famille en août 2017 suite à une faillite, est absent à l’audience. Lors de sa garde à vue, il a d’abord nié les faits, dont il a déclaré n’avoir aucun souvenir, mettant en cause sa consommation excessive d’alcool, de cocaïne et de cannabis. Il finit par lâcher des aveux partiels : « si elle le dit c’est que c’est vrai ». Une expertise psychiatrique souligne « une personnalité perturbée sans respect de l’interdit », la nécessité d’un suivi psy et la possibilité de réitération des faits. Elle le déclare accessible à une sanction pénale.

En plus d’une condamnation en 2008 pour harcèlement dans le but d’obtenir des faveurs sexuelles, l’accusation fait état d’une composition pénale en 2015 pour corruption de mineur. « Il a profité que sa femme donne un cours particulier chez eux à une autre petite fille pour accrocher une pancarte au dos de celle-ci sur laquelle il avait écrit : « Va mettre ta petite culotte dans les toilettes » rapporte l’avocate pour qui la femme de L.R a une part de responsabilité dans le sens où lui permet d’entrer en contact avec des enfants. Elle ajoute que lors d’une perquisition les gendarmes ont trouvé sur l’ordinateur des images à caractère pédopornographiques. « Il n’a pas juste été subjugué par la beauté d’E.M. C’est un prédateur sexuel » avance-t-elle en insistant sur l’absence de sentiment de culpabilité du prévenu qui va même jusqu’à déclarer « avoir pu mal interpréter les regards de la petite fille ».

 

Décrit par sa compagne, comme « un grand malade vis à vis de sa sexualité », L.R  ne s’en prend pas qu’aux enfants. Il était également convoqué pour des faits d’exhibitionnisme commis du 15 janvier au 31 mars 2016 à Saint-Barthélemy à l’encontre de A.N, la maman d’E.M. Il lui a tout d’abord envoyé un SMS pour lui demander de mettre un jupe à la soirée qu’ils s’apprêtaient à passer tous ensemble. Ce à quoi elle n’a pas répondu. Puis, un jour, alors que L.R et sa compagne sont chez A.N pour déposer leur fils chez elle, L.R s’assoit derrière sa femme sur un rebord un peu en hauteur. « J’étais assise en face de lui et j’avais une jupe. Il fixait son regard entre mes jambes en tenant son sexe entre ses mains et en se masturbant dans le dos de sa femme. J’ai fait comme si je ne le voyais pas » a-t-elle expliqué aux gendarmes. Une demi-heure après le départ du couple, A.N reçoit sur son téléphone des photos du pénis de L.R qui lui écrit : « je sais que tu as envie de me sucer ». Le lendemain, lorsque sa compagne vient récupérer son fils, A.N lui montre les messages. Elle n’est pas surprise et répond que ce n’est pas la première fois qu’il fait ce genre de choses. Lors de sa garde à vue, L.R a déclaré trouver A.N  « très jolie » et la désirer mais expliquant n’avoir aucun souvenir de s’être masturbé devant elle,  n’a reconnu qu’une partie des faits : l’envoi de photos de son pénis.

Dans son réquisitoire, le vice-procureur parle des « déviances sexuelles » et de « l’appétit sexuel » de L.R mais précise ne pas avoir suffisamment d’éléments matériels pour pouvoir le désigner comme « prédateur sexuel ». Il relativise la gravité des faits en qualifiant ses gestes de « déplacés », le tribunal ayant souvent à examiner des affaires de pédophilie beaucoup plus graves. Mais note toutefois que « la propension de L.R à déraper est inquiétante ». « Je suis plutôt inquiet sur son comportement avec les enfants et les femmes en général » ajoute-t-il. Il requiert l’inscription de L.R au fichier des délinquants sexuels (qui doit l’obliger à signaler annuellement son adresse) ainsi que douze mois de prison dont six avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans avec obligation de soins pour ses addictions et son comportement sexuel, interdiction de tout contact avec des mineurs, 1000 euros d’amende et une obligation d’indemniser les victimes. La partie civile a quant à elle demandé 8000 euros de dommages intérêts pour la mère et 30 000 pour la fille au titre du préjudice moral.

Après en avoir délibéré, le tribunal va plus loin que les réquisitions et condamne L.R à 18 mois de prison dont six assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pendant trois ans, ainsi qu’à une amende de 1000 euros et obligation de soins. L.R est également interdit d’entrer en contact avec tout mineur autre que ses enfants, et d’exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs. Le tribunal a ordonné son inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). L.R doit en outre indemniser les victimes à hauteur de 10 000 euros pour l’enfant, 5000 euros pour la mère et 1500 euros au titre de l’article 475-1 (frais d’avocat).

Fanny Fontan
2 commentaires

Commentaires

bizarre on interdit cet homme à être en contact avec des mineurs, mais on le laisse tranquillement avec ses enfants.... vu son comportement, il risque de faire la même chose avec ses enfants...

étrange condamnation
vraiment une justice surprenante a saint martin .on donne 18 mois a un prédateur sexuel alors que tout le monde sait que l on ne rentre pas en prisons en dessous de 2 ans mais aménagement.

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