03.04.2016

Un budget plus important pour des actions de «proximité»

Les élus ont adopté le 31 mars un budget de 201,6 millions d’euros pour l’année 2016.

Malgré une hausse de 16,5 % par rapport à 2015 et un dépassement, pour la première fois, des 200 millions d’euros, le budget primitif 2016 (BP) reste peu ambitieux avec une section de fonctionnement qui compte pour plus des deux tiers (136 M€). La capacité pour la Collectivité à investir demeure limitée. D’autant plus qu’une grosse partie des financements sont issues du Contrat de Ville signée en décembre 2015 avec l’Etat.

Durant cette dernière année de mandature, la majorité sait que plusieurs réalisations doivent être faites. Aussi mise-t-elle sur des actions tournées vers «la proximité et la quotidienneté», faciles à mettre en chantier et sollicitant de plus ou moins faibles crédits mais dont l’impact en termes de satisfaction auprès de l’opinion peut être grand. La présidente Aline Hanson a donc cité pêle-mêle la poursuite de l’amélioration de l’éclairage public, l’embellissement des quartiers ou la mise en sécurité des équipements publics. Elle a insisté sur la volonté de la COM à «prendre en considération les doléances des conseils de quartier». Un effort a en outre été fait envers les associations culturelles, sportives et économiques dont le montant des subventions qui leur seront accordées cette année, sera de 15,5 % plus important, soit 2,05 millions d’euros.

 

MARCHÉ ARTISANAL À CUL DE SAC

Un projet qui avait été annoncé lors de la cérémonie des vœux par le vice-président Wendel Cocks, en charge du développement économique, et qui a été donc été retenu par les chantiers 2016, est la construction d’un marché artisanal à Cul de Sac. Vraisemblablement en plus du projet similaire sur Quartier d’Orléans. Néanmoins, aucune précision n’a été apportée quant à son architecture. S’agira-t-il simplement d’un emplacement abrité sous lequel des stands seront dressés ? Ou d’un bâtiment plus sophistiqué ? Sans compter de savoir qui sera intéressé pour y vendre des articles. Quoi qu’il en soit, si la COM espère une mise en service rapidement, elle va devoir mettre les bouchées doubles lorsqu’on connaît les délais d’un chantier en partie française et surtout les retards pris pour chacun. Nous sommes début avril, donc à sept mois de la prochaine saison touristique.

Dans le domaine touristique justement, le Conseil économique, social et culturel (CESC) dont l’avis sur le budget avait été sollicité, estime que «la politique menée par la COM n’est pas à la hauteur face aux enjeux». A noter que le budget octroyé à l’office de tourisme, soit 2,06 millions d’euros, est en baisse d’un tiers. Ce qui ne peut qu’engendrer «une rétrogradation de la destination et une banalisation du produit» selon le CESC qui, plus globalement, déplore que ce BP 2016 n’accorde encore «aucun soutien à l’économie». Pourtant, la présidente attend beaucoup des entreprises qu’elles embauchent des jeunes saint-martinois. Que le critère local soit en effet l’un des premiers dans la sélection des candidats.

 

MANQUE DE RETOUR SUR INVESTISSEMENT

Enfin, l’opposition regrette que ce budget ne soit pas ambitieux en termes de recettes et ne traduise «aucun projet politique». Elle déplore que «la section investissement soit le parent pauvre» de ce BP. En réponse à la majorité qui se défend en rappelant que des études pour la construction de nouvelles routes vont être lancées de même que la réfection de plusieurs portions, Daniel Gibbs juge qu’il conviendrait aussi de programmer des investissements qui «rapportent». «Il y a quelques années, je pensais comme vous… mais depuis, j’ai compris… Je suis d’accord qu’il faille faire de nouvelles routes, mais il faut aussi réfléchir à des infrastructures qui permettent des revenus pour la Collectivité», a-t-il confié. Et de se demander, au final, «qui va payer ? »

Estelle Gasnet