16.06.2017

Bagarre alcoolisée entre copains de galère

Un SDF de 49 ans a été condamné à cinq mois de prison avec sursis pour violences avec arme sur son ami.

« Messieurs L. et D. sont des amis, des accidentés de la vie. Ils se sont connus dans la rue, trois ou quatre ans avant les faits » déclare l’avocate de la défense en introduction de sa plaidoirie. Ce jeudi 15 juin, son client E. L. comparaît devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin pour des faits de violences avec arme sur A.D. 

Le 1er mai 2016, E.L, invite A.D à venir passer le week-end avec lui. « C’était un ami, il était sale, il dormait sous le kiosque, j’avais les moyens de lui faire prendre une douche et de lui faire à manger » raconte le prévenu à la barre. M.L, SDF, a un arrangement avec le responsable d’un garage à Hope Estate. Contre le gardiennage de nuit, il reçoit une toile de tente et l’accès aux locaux. Un luxe dont il décide de faire profiter son ami « qui dormait carrément dehors ».

Les deux hommes partagent alors un repas, arrosé de rhum. « Il buvait beaucoup plus que moi » se souvient E.L. Si bien qu’une fois enivré, A.D, se serait mis à ramasser le gravier et à le jeter sur une voiture d’une valeur de 24 000 euros. E.L tente de l’arrêter mais A.D continue. E.L commence alors à lui mettre quelques coups de poing, mais il continue encore. « Puis j’ai voulu lui faire peur alors je l’ai frappé dans le dos avec le plat de la machette » se justifie-t-il. Une version qui ne pourra être confrontée. A.D décède une semaine après d’une maladie alcoolémique sans aucun lien avec les faits. Le taux d’alcoolémie des deux hommes sera mesuré un peu plus tard dans la soirée du 1er mai après l’intervention des sapeurs pompiers et des gendarmes. M.L est à 1,5g et A.D à 4,65g.  

Pour le vice-procureur Michaël Ohayon, la réaction d'E.L est inappropriée : « Il invente une légitime défense des biens mais on n’y est pas. ». Les photographies du visage de la victime prises à l’hôpital montrent un œil totalement gonflé, une fracture du nez et autres contusions. Le vice-procureur considère qu'E.L aurait pu s’y prendre autrement pour arrêter son ami. « On peut peut-être le ceinturer, on n’est pas obligé de lui en mettre plein la figure » avance-t-il. Pour son avocate, E.L a eu une réaction disproportionnée parce qu’ « il s’est dit que si les voitures étaient abîmées il allait perdre son emploi et son domicile ». Elle expose également les démarches volontaires qu’a effectuées son client pour se réinsérer, choqué par les faits : cure de désintoxication en Guadeloupe puis suivi aux Liaisons dangereuses, inscription à Pôle Emploi, domiciliation à La Croix rouge… « Mon ami me manque » confie le prévenu à la barre, la voix nouée. 

Le tribunal le déclare coupable et le condamne à cinq mois de prison avec sursis. 

Fanny Fontan

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